Bien que dans l’imaginaire collectif, la Sicile soit considérée comme une île aride, il faut souligner qu’elle est très riche en eau, grâce au substrat géologique qui la caractérise comme une zone de formation récente, sujette à des changements continus, érosions, variations du littoral. De nombreux cours d’eau courent dans le sous-sol pour apparaître ensuite en nappes plus ou moins abondantes, sans parler de certains de ses fleuves, comme l’Alcantara et l’Anapo, particulièrement abondants. L’arrière-pays montagneux constitue un important réservoir d’eau qui, à travers des veines et des chemins souterrains, permet à l’eau d’engendrer de nombreuses sources. C’est précisément celles-ci qui furent interceptées par les populations antiques, dès l’époque archaïque à Agrigente, Camarine, Syracuse et peut être Sélinonte, puis par les Romains dans les principales cités siciliennes comme Catane, Taormine, ou Thermae Himerenses. Beaucoup de ces villes bénéficiaient de sources à l’intérieur du périmètre urbain, mais la nécessité de disposer d’aqueducs augmentait avec l’accroissement de la population. Surtout, à l’époque romaine, lorsque l’eau devint un élément décoratif, les besoins en eau augmentèrent considérablement dans toute l’île. Aux endroits où elle était peu disponible, on construisait des aqueducs qui récupéraient les eaux dans des sources de plus en plus éloignées des villes. Dans cet article nous voulons exposer les aqueducs connus dans la Sicile tyrrhénienne (Figure 1), de Lilybée à Tyndaris, où les recherches antérieures ont permis de reconnaître les traces d’aqueduc datant de différentes périodes historiques. L’objectif est d’examiner les contraintes géomorphologiques qu’il fallut surmonter au moment de leur réalisation, en fonction des points de départ et d’arrivée de l’eau. Nous analyserons donc les conditions géologiques et morphologiques des terrains afin d’exposer, lorsque c’est possible, les caractéristiques distinctives de chaque infrastructure. Il faut considérer que chaque aqueduc est étroitement lié au paysage qu’il traverse, raison pour laquelle il faut supposer la collaboration entre équipes locales et ingénieurs, surtout dans les villes les plus petites. L’intention est en outre de réfléchir à l’existence de savoir-faire communs, qui puissent suggérer l’existence d’équipes itinérantes pour la réalisation des aqueducs.
Polizzi, G. (2026). Les aqueducs de la Sicile tyrrhénienne. État de la recherche et considérations topographiques. In Aqueduct profiling. Distribution de l'eau et solutions architecturales antiques, entre savoirs techniques et adaptation aux contextes (pp. 33-45). Oxford : Archaeopress.
Les aqueducs de la Sicile tyrrhénienne. État de la recherche et considérations topographiques
Giovanni Polizzi
2026-01-01
Abstract
Bien que dans l’imaginaire collectif, la Sicile soit considérée comme une île aride, il faut souligner qu’elle est très riche en eau, grâce au substrat géologique qui la caractérise comme une zone de formation récente, sujette à des changements continus, érosions, variations du littoral. De nombreux cours d’eau courent dans le sous-sol pour apparaître ensuite en nappes plus ou moins abondantes, sans parler de certains de ses fleuves, comme l’Alcantara et l’Anapo, particulièrement abondants. L’arrière-pays montagneux constitue un important réservoir d’eau qui, à travers des veines et des chemins souterrains, permet à l’eau d’engendrer de nombreuses sources. C’est précisément celles-ci qui furent interceptées par les populations antiques, dès l’époque archaïque à Agrigente, Camarine, Syracuse et peut être Sélinonte, puis par les Romains dans les principales cités siciliennes comme Catane, Taormine, ou Thermae Himerenses. Beaucoup de ces villes bénéficiaient de sources à l’intérieur du périmètre urbain, mais la nécessité de disposer d’aqueducs augmentait avec l’accroissement de la population. Surtout, à l’époque romaine, lorsque l’eau devint un élément décoratif, les besoins en eau augmentèrent considérablement dans toute l’île. Aux endroits où elle était peu disponible, on construisait des aqueducs qui récupéraient les eaux dans des sources de plus en plus éloignées des villes. Dans cet article nous voulons exposer les aqueducs connus dans la Sicile tyrrhénienne (Figure 1), de Lilybée à Tyndaris, où les recherches antérieures ont permis de reconnaître les traces d’aqueduc datant de différentes périodes historiques. L’objectif est d’examiner les contraintes géomorphologiques qu’il fallut surmonter au moment de leur réalisation, en fonction des points de départ et d’arrivée de l’eau. Nous analyserons donc les conditions géologiques et morphologiques des terrains afin d’exposer, lorsque c’est possible, les caractéristiques distinctives de chaque infrastructure. Il faut considérer que chaque aqueduc est étroitement lié au paysage qu’il traverse, raison pour laquelle il faut supposer la collaboration entre équipes locales et ingénieurs, surtout dans les villes les plus petites. L’intention est en outre de réfléchir à l’existence de savoir-faire communs, qui puissent suggérer l’existence d’équipes itinérantes pour la réalisation des aqueducs.| File | Dimensione | Formato | |
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